DakarGate : Quelqu'un pour répondre aux questions de Guineenews ?

Publié le par Barros Diallo

L’incident de Dakar et ses zones d’ombre

Le gouverneur de la BCRG a raison quand il dit : « Il s’agit d’une opération courante que la Banque Centrale a l’habitude d’effectuer depuis des années. Personnellement, quand je m’occupais des opérations de caisse, j’ai assisté à des conditionnements des valeurs à destination de nos correspondants que ça soit la banque de la France ». Ceci était courant au temps de Sékou Touré et de Conté. Mais, les conditionnements étaient des transactions avec les banques mères et rentraient dans un cadre officiel pour lequel un certain nombre de procédures doivent être remplies au préalable. L’explication du gouvernement laisse assez de zones d’ombre. Il est incontestable que la BCRG peut procéder à des conditionnements de valeurs, mais des questions persistent :

· Les officiels guinéens tentent de circonscrire la question sur le prestataire. Ils exhibent les contrats avec le prestataire pour se donner bonne conscience. Ce qui intéresse le public c’est de savoir d'où vient cet argent ? Où va-t-il ? Pour payer quoi ? Pourquoi pas un transfert électronique si la destination est un correspondant commercial ? Qui a octroyé ce contrat de transport ?

· Pourquoi la Banque centrale a-t-elle préféré une petite société locale à une société comme Brinks connue mondialement pour ce genre de services ? Pourquoi le choix d’Emirates à destination de Dubaï, l’une des capitales internationales du blanchiment d’argent au lieu de Air France à destination de Paris et New York où se situe la maison mère de la Citibank ?

· Vu l’urgence du transfert et la nécessité de recours à des moyens peu orthodoxes, pourquoi la possibilité de transfert de monnaie scripturale n’a pas été retenue ?

· Comment le gouvernement est-il arrivé à la décision de choisir le moyen risqué et peu crédible de faire transporter les fonds par un opérateur privé local dans la sous-région, avec un mode de conditionnement indirect et très onéreux (0,95% de frais) alors que le transfert entre banques centrales aurait coûté de 0,05% à 0,2% ?

· Quelle est la source des fonds et leur traçabilité, quels documents accompagnaient le colis prouvant que la réglementation en matière de transport transfrontalier de fonds avait été respectée ? Si les documents étaient en règle, pourquoi n’avaient-ils pas convaincu la douane sénégalaise (il a fallu des vérifications auprès des hautes autorités guinéennes et de la BCAO) ?

· L’incident a lieu le 8 août, mais il a fallu que la presse sénégalaise ébruite l’affaire pour que le gouvernement réagisse plus de deux semaines plus tard. Pourquoi ?

· Ce n’est pas la première fois que des transports d’espèce créent des incidents entre la Guinée et d’autres pays. Les cas les plus récents sont les démêlés du fils du président à l’aéroport de Paris, et l’interpellation de KPC à l’aéroport de Dakar. Pourquoi les officiels et hommes d’affaires guinéens évitent-ils le système bancaire pour les mouvements de fonds ?

Source : guineenews.org

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