Processus Électoral : Sommes-nous enfin sur la bonne voie en Guinée ?
Dans son courrier adressé au garde des sceaux portant RELEVE DE CONCLUSIONS DU DIALOGUE POLITIQUE INTERGUINEEN, l'opposition a fait les recommandations suivantes :
« Pour que les résultats des prochains scrutins ne souffrent pas de contestations, les parties reconnaissent l'obligation d’améliorer le cadre légal des élections et expriment la nécessité d’harmoniser les dispositions de la Constitution, du Code électoral et du Code des collectivités locales ».
Cette proposition pourrait marquer le début d'une avancée historique pour le peuple de Guinée et contribuer significativement à redorer le blason de la politique guinéenne. Toutes les parties ayant récemment voulu démontrer leur bonne foi, il ne devrait donc logiquement pas y avoir de difficulté à s'entendre sur le principe de tenue de cette session extraordinaire recommandée par l'opposition. Qui est certainement la première proposition sérieuse depuis la mise en place inachevée d'une Commission Électorale Nationale Indépendante en 2007. L'occasion de concrétiser la bonne foi, des parties (mouvance et opposition) récemment exprimée lors du dialogue portant sur l'application effective des accords du 3 Juillet 2013.
Bien évidemment il serait regrettable si cette session ne se limitait qu'à un simple consensus portant sur une simple recomposition de la CENI. Fût-il sanctionné par des accords politiques n'engageant que les parties en présence. C'est pourquoi, il faut saluer la suite de ces recommandations :
«...Que soit mis en place un cadre institutionnel idoine par l'amendement conséquent de la loi portant composition, organisation et fonctionnement de la CENI et par l’installation de la Cour constitutionnelle dont le rôle dans le règlement des contentieux électoraux est déterminant. Pour ce faire, les parties au dialogue recommandent la tenue dans les meilleurs délais d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale afin que ces questions, dont la résolution contribue grandement à qualifier le processus électoral, fassent l'objet d'examen et d'adoption. Les parties s’engagent à donner un caractère permanent à ce cadre de dialogue de manière à restaurer la confiance et à contribuer par la concertation, à la préservation de la paix sociale, au renforcement de l’état de droit et à l’enracinement de la démocratie en Guinée ».
Même si j'estime que ce cadre existe déjà : l'Assemblée Nationale, en l'occurrence. Je crois que l'essentiel est que les Guinéens s'entendent sur cet autre principe, sous-jacent, d'amendement de la loi susmentionnée. Espérant que cette occasion sera mise à profit pour tourner la page désolante des conflits politiques, autour de la CENI et du processus électoral dans son ensemble. A travers une loi qui réaffirme, précise et/ou renforce les statut, rôle, capacités mais aussi les responsabilités, collective et individuelle, de la CENI et des ses représentants.
Il faut toutefois s'inquiéter du silence du gouvernement : Guineenews.org nous apprend que ce courrier de l'opposition adressé au gouvernement reste « sans suite». Pour l' instant, espérons-le ! Car il serait dommage de manquer cette autre opportunité d'éteindre ce foyer, non des moindres, de conflits et de division d'une population Guinéenne de plus en plus polarisée par le débat politique.
En attendant une suite heureuse, disons : Bravo à l'opposition ! En espérant pouvoir dire de même à la mouvance dans les prochains jours.